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Le
travail de Patrice REY
Passionné
d’Histoire et d’histoires, ce minutieux plasticien altiligérien
explore les croyances populaires et les mystères du monde rural.
La culture du Velay est intimement liée à sa personnalité.
Il
recueille récits et légendes d’hier et d’aujourd’hui, donne
vie à ces personnages fantastiques et attachants qui peuplent nos
pays et nos esprits.
Ces
figurines sculptées et peintes sont clairement identifiables dans
le quotidien, le monde réel, la ruralité et l’univers populaire
qui touche le public. Et soudain, ces gens représentés que
l’on semble connaître et avoir toujours côtoyés, basculent
dans le fantastique.
On
peut donc attacher clairement ces personnages à deux univers distincts,
deux origines pour une seule existence.
Mélange
? Métissage de cultures ? Oui et non.
Peut-on
parler du monde rural sans évoquer les contes et les légendes
ou les superstitions ?
Montrer
un loup-garou dans un château médiéval ou des lutins
dans un univers d’héroïc-fantasy est tout à fait détaché
de la réalité.
Ce
qui touche, c’est introduire un élément subversif dans le
réel.
Avec
l’introduction d’éléments fantastiques dans des représentations
proches du monde que nous connaissons nous passons du naturel au surnaturel.
En
utilisant la création de figurines comme support, l’entourage quotidien
devient motif d’expression, on peut saisir les rêves, les visions,
les sentiments, et les colorier comme on farde un visage disgracieux,
pour le cacher et le montrer tout à la fois.
Comprendre
ses racines, connaître ses contemporains, les montrer d’une façon
ludique avec une sonorité nouvelle, ne vise pas seulement à
plaire, distraire ou amuser.
Etre
de son village, de sa région, de son groupe, le chanter, le peindre,
le sculpter, c’est agir de façon identifiable, c’est se revendiquer
soit même tel que l’on se voit ou se veut être.
L’attachement
des autres à leur région, leur pays, peut nous émouvoir
aussi, tout simplement, parce que paradoxalement, ce sentiment semble
universel.
Nous
transposons les émois d’autrui, d’un ailleurs vers les nôtres.
Cette
universalité et l’identité peuvent ainsi pousser aux échanges
et aux emprunts.
Les
paradoxes sont souvent les meilleurs moteurs. L’attachement à un
lieu de cœur, à une identité est une source de richesse,
et surtout une matière d’échange.
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